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PENSER L???EXCLUSION AUJOURD???HUI

Publié le 21 septembre 2016 à 13:40

Pourquoi s’intéresser à l’exclusion ?

Au-delà du motif de se donner bonne conscience, certains sociologues et intellectuels nous proposent de voir dans le phénomène de l’exclusion une sorte de miroir, un outil pour examiner d’une façon différente ce qu’ils cherchent à comprendre. Un peu comme les selles sur lesquelles se penchaient les docteurs de Molière. Ou plutôt les inputs et outputs d’une société que l’on s’appliquerait à considérer comme une boîte noire. Ainsi dit on serait tenté d’inclure dans les exclus non seulement les pauvres mais aussi les fous, les hors la loi, les malades, les vieux ou pourquoi pas les étudiants et les enfants qui eux aussi finalement participent à cette grande congrégation des non productifs.

 

Comment définir l’exclusion ?

On parle naturellement ici de l’exclusion sociale ou économique, de l’exclusion hors des mécanismes que la société a mis en place pour permettre à chacun de vivre selon des critères admis de dignité, de liberté et de bien être. Une société où l’on contracterait une dette en y entrant et dans laquelle l’existence consisterait à apporter sa contribution, se réduit-elle seulement à s’assurer une autonomie socio-économique.

 

Faut-il résorber l’exclusion ?

Quand la liberté des uns commence là où s’arrête celles des autres, quand le désordre dessine la frontière de l’ordre, on peut croire alors que l’exclusion est un élément indispensable du système présumé idéal auquel il fait référence. La question n’est donc pas tant de savoir si il faut mais plutôt si l’on peut résorber l’exclusion. Ou tout au moins la gérer ?

 

 

 

 

 

 

« La force de la communauté se mesure au bien être

… du plus faible de ses membres ».

extrait du préambule à la constitution fédérale

 Je parlerai ici de l’exclusion telle que je l’ai rencontrée dans le cadre de mon mandat de coordinateur du Point-Virgule, structure d’hébergement pour les sans abris.

 L’association La Virgule fut créée il y a une dizaine d’années sous l’impulsion de quelques amis habitant la commune de Lancy. Leurs premières démarches ont consisté à faire accepter par les autorités et la population l’installation de 2 roulottes de chantier afin d’offrir 5 à 6 places en hébergement d’urgence pendant la période d’hiver.

Pour un bénéficiaire, l’hébergement d’urgence est le tout dernier filet de sécurité avant de dormir à la belle étoile, dans des caves ou sous les ponts.

Plusieurs critères permettent de définir l’hébergement d’urgence, à commencer par la gratuité du service, la fermeture du lieu pendant la journée, ou enfin une approche « bas seuil », c’est à dire proposant une prestation sociale sans poser de question et en préservant l’anonymat des bénéficiaires.

  

Le Point-Virgule, un logement communautaire pour sans abris

Quelques années plus tard, la commune de Lancy mit une maison à la disposition de l’association. Ce qui permit de créer un vrai lieu de vie avec une qualité d’accueil et un effort de réinsertion légèrement supérieurs à l’hébergement d’urgence.

Comme son nom l’indique, le point-virgule est supposé être une respiration dans la phrase, une ponctuation dans le parcours de bénéficiaires qui viennent en général de la rue.

Aujourd’hui la structure fonctionne plus ou moins en auto-gestion, avec un encadrement à 30 % assuré par un coordinateur. Ce dernier s’assure entre autres que la maison ne se transformera pas en ghetto, en favorisant les relations avec l’extérieur : voisinage, bénévoles et autres utilisateurs des locaux. De leur côté, les roulottes sont encadrées par un intendant à mi-temps dont le rôle consiste à assurer quotidiennement une permanence aux heures d’ouverture et de fermeture de la structure. En hébergement d’urgence, c’est l’intendant qui fournit la nourriture et assure la gestion du lieu. Dans un lieu de vie, idéalement ce sont les résidents.

Action sociale et exclusion

Ce petit préalable me semblait approprié parce que pour évoquer la place de l’aide sociale dans le système de la protection sociale, je voudrais souligner l’action des organisations associatives et caritatives. Elles soutiennent les plus démunis en prenant le relais des politiques d’aide mises en place par les autorités. Ces politiques d’aide s’adressent prioritairement aux familles et aux personnes qui ont su garder un lieu de résidence. Au moins du point de vue administratif.

A l’image du collecteur d’impôt dessiné par Uderzo dans l’album d’Astérix et le chaudron, l’administration est bien souvent perçue comme une machine à produire des extraits de formulaires. En fait, c’est toute sa vision du monde qui en est réduite à poser des questions à choix multiples. Il faut rentrer dans les cases ! or par définition, les exclus sont des gens qui avant même d’être fragiles sont d’abord réfractaires à la norme.

Par ailleurs, et nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin, les situations d’extrême pauvreté voire d’exclusion sont malgré tout d’une grande diversité et difficiles à cerner. On se réfèrera avec intérêt à la description du processus de désinsertion par Vincent de Gaulejac et Isabel Taboada Leonetti, dans leur ouvrage « La lutte des places » publié chez Desclés de Brouwer en 1994. Où l’on découvre qu’une phase déterminante du décrochage social se caractérise par la rupture spatiale, voire une grande mobilité.

A ce stade, l’outil politique décroche lui aussi de sa mission puisque c’est toute la relation entre le citoyen et la machine administrative qui commence à partir de la domiciliation.


Situations représentatives de différentes formes d’exclusion

Afin de mettre en évidence quelques grands traits de l’exclusion ou l’extrême pauvreté, il serait peut-être plus éloquent d’articuler ce commentaire à partir de cas concrets. Ce qu’avait d’ailleurs fait Didier Tabin dans son livre « Misères à crédit » qui en 1992 reprenait de façon anonyme les témoignages de familles s’adressant aux Centres Sociaux Protestants.

Ici, il s’agit de personnes ayant résidé au Point-Virgule et dont je me permets de reprendre l’exemple avec des prénoms fictifs.

 

André

Commençons par un cas d’école. André, 36 ans, architecte diplômé de l’EPFL, s’est fait expulser de son appartement après 6 mois de loyers impayés. La conjonction ou succession de difficultés, puis ruptures professionnelles et sentimentales suffisent généralement à décourager durablement toute personne. Si elle ne dispose pas alors d’un soutien psychologique de la famille ou de l’entourage au moment le plus délicat d’un tel parcours, la tendance à l’isolement propre à la dépression se transformera rapidement en sentiment d’exclusion vis à vis de la société tout entière. S’étant retrouvé du jour au lendemain sans logement, André passera quelques jours dans la rue avant de s’adresser au Centre d’Action Social et Sanitaire de son quartier. C’est l’assistant social qui l’adressera finalement au Point-Virgule après lui avoir obtenu une rente de l’Hospice Général pour prendre le relais de l’Assurance Chômage qui arrivait en fin de droit.

 

Benoît

Benoît a 33 ans, après son apprentissage il a travaillé comme technicien de maintenance radio-télévision puis, plus tard commercial en bureautique. Avec sa double compétence il n’aurait pas vraiment de souci pour retrouver du travail mais, sans doute à la suite d’un échec sentimental, il a dangereusement sombré dans une consommation de drogue dure qui jusque là était occasionnelle. Comme sa pulsion relève plutôt de l’autodestruction que de la rébellion, il a simplement puisé sur ses cartes de crédit avant de se retrouver endetté au stade ultime. Aujourd’hui, il a encore ce problème de toxico-dépendance, mais aussi la certitude de voir ponctionnée la majorité de son salaire lorsqu’il reprendra un emploi. Alors, en attendant d’y voir plus clair, il vit grâce à la rente de l’Hospice Général qui toutefois lui est versée de semaine en semaine, de façon à ce qu’il ne dépense pas tout son argent le premier jour du mois.

 

Charly

Charly, 57 ans, touche aussi une rente de l’Hospice Général. Plus jeune il a été carrossier et aimait voyager. Il a passé 7 ans en Thaïlande où il tenait un petit commerce avant d’être contraint par l’ambassade de rentrer au pays pour régler un arriéré de taxes militaires. Le choc est rude et la réintégration loin d’être évidente sauf à avoir préparé son retour. Il sera passé par différentes structures d’hébergement d’urgence à Genève, dont l’Armée du Salut, avant d’arriver aux Roulottes de la Virgule. Des douleurs au dos, ainsi que dans la jambe lui font espérer bénéficier tôt ou tard de l’Assurance Invalidité.

 

Didier

Le plus âgé des résidents vient tout juste de fêter ses 65 ans et passe ainsi de l’Assurance Invalidité à l’AVS. Après une carrière de laborantin pour un groupe pétrolier, il a eu une attaque cérébrale il y a quelques années et depuis, souffre de problèmes de concentration, une légère aphasie et des difficultés de coordination au bras droit. Il est intéressant de noter que Didier s’est retrouvé à la rue pour des raisons autres que financières…

En complément de sa rente AI, il touche le deuxième pilier. Mais ses problèmes de santé ajoutés à la crise immobilière ne lui ont pas permis de retrouver un logement après son départ du domicile conjugal. Par ailleurs il n’est plus capable de gérer sa situation administrative et faute de suivi a manqué de peu se retrouver sans revenu au moment du passage de l’AI à l’AVS qui n’est pas automatique.

 

Etienne

Selon le comité de l’association, Etienne, la cinquantaine, est le type même de personnage à qui s’adresse avant tout une maison comme le Point-Virgule. Archéologue de métier, Etienne a fait plusieurs campagnes de fouille en Egypte. Après avoir été délogé d’un appartement communautaire, il a dormi discrètement sur son lieu de travail au musée avant de devenir peu à peu un habitué de lieux d’accueil comme le Carré. Cette structure bien connue du monde social genevois est animée par un abbé charismatique qui quotidiennement nourrit et procure de l’occupation à plusieurs centaines de défavorisés. Contrairement au monde de la rue, Etienne a su conserver ses qualités de rigueur et méticulosité qui lui ont rapidement valu des responsabilités dans l’organisation du Carré. Les quelques 600 Frs de revenus que lui rapporte son activité à mi temps lui permettent de payer un loyer symbolique au Point-Virgule, mais il ne bénéficie d’aucune prestation financière ni ne dispose d’une couverture santé. Pourtant il est de nationalité suisse et a commis pour seule erreur de retirer ses papiers de l’office cantonal de la population à l’époque où il passait beaucoup de temps sur les sites de fouille à l’étranger.

 

François

François est une personnalité attachante du monde des sans-abris, mais dont la situation administrative et socio-économique est particulièrement difficile à appréhender, en tout cas du point de vue d’un fonctionnaire. Né en France pendant la guerre, il a fait toute sa carrière en Suisse comme carrossier, avant de sombrer dans un alcoolisme avancé. Au moment où sa situation se dégradait il a renoncé à son permis C pour récupérer l’argent de son deuxième pilier. Aujourd’hui, il n’a plus rien et plus droit à rien. Les suisses lui disent de s’adresser en France puisqu’il est français, la France le renvoie sur le consulat à Genève puisqu’il y réside, et le consulat répond qu’il ne s’occupe que des français légalement inscrits en Suisse.

Bref, la situation quasi apatride de François ne correspond à aucune case des formulaires de l’administration. Sa santé décline rapidement et son comportement ne s’embarrasse pas des règles de la vie en communauté comme certain devoirs collectifs ou le respect de la propriété d’autrui. Si bien qu’une structure comme le Point-Virgule, partiellement auto-gérée, ne convient plus du tout à son profil. Toutefois, vu sa situation économique, il n’existe aucun autre lieu d’accueil qui voudrait bien l’accepter. A dire vrai, dans un pays comme la France, une personne telle que François n’aurait sans doute pas survécu aux premiers froids d’un hiver rigoureux.

 

Gérard

Petit bonhomme asthmatique, en pré-retraite après une carrière de cantonnier en Belgique, Gérard a décidé de rester en Suisse où le climat est favorable à sa santé dit-il. Très respectueux du système qui l’entretient et des institutions qui l’accueillent, il sort facilement quelques attestations administratives de sa poche en signe de transparence et bonne volonté.

Gérard est connu pour ses exposés de macro économie internationale que lui seul peut comprendre et pour son effort permanent de prouver qu’il est plus intelligent qu’il n’en a l’air. Il est d’ailleurs un joueur d’échecs tout à fait honorable. Mais il se distingue surtout par un besoin irrépressible de s’occuper. Ainsi il aura passé tout l’automne à ramasser les feuilles des arbres au fur et à mesure de leur chute, et rendait compte en nombre de brouettes (au final plus de 700) l’état d’avancement de son labeur. Gérard, qui touche une maigre pension de Belgique, n’aime pas dépenser son argent mais n’est pas avare de ses efforts et sera toujours prêt à rendre service.

 

Henri

Pas encore la trentaine, originaire du Congo Kinshasa, Henri est un digne représentant de cette nouvelle catégorie d’exclus que sont les NEM. Non Entrées en Matière. D’un point de vue administratif, c’est le dernier maillon, la qualité de sans statut avant l’expulsion. Néanmoins Henri, qui a été violemment agressé par des Kosovars au printemps, bénéficie d’un petit papier l’autorisant à séjourner sur le territoire suisse jusqu’au procès de ses agresseurs. En attendant, il n’a droit à aucune aide et c’est grâce à sa prise en charge par la Lavi , une association d’aide aux victimes, qu’il survit avec 200 Frs par mois en tout et pour tout.

 

Réinsertion

Par réinsertion, j’entends toutes les idées qui contribueraient à redonner un sens à l’existence de ces gens à la dérive.

Aujourd’hui à Genève, même les personnes les plus démunies mangent à leur faim. Toute l’année, plusieurs structures distribuent des centaines de repas gratuitement matin, midi et soir. Mais comme le dit Philippe Bossy, ancien responsable du Bateau et désormais en charge du Centre Social Rive Droite créé récemment par les services sociaux de la Ville de Genève : « (…;) pour eux, ce n’est pas tant un problème d’avoir qu’un problème d’être. » Ainsi des endroits comme le Carré, le Bateau ou le Centre Social Rive Droite proposent non seulement des repas mais aussi la possibilité d’occupations valorisantes liées au fonctionnement de ces structures. Il s’agit là d’une forme de réinsertion collective et très rudimentaire.

 

Il va de soi qu’un véritable programme de réinsertion passe par une démarche spécifique à chaque parcours. D’ailleurs, plutôt que le mot réinsertion, je préfère utiliser des termes comme « projet de vie » ou « stratégie de sortie » (…du Point-Virgule, pour laisser la place à d’autres) qui reflètent mieux le type de mobilisation négociable dans les contrats de bail que je passe avec les résidents

 

En effet, en reprenant ce poste au mois de juin 2004, j’avais été frappé de constater que la totalité des résidents étaient en place depuis plus d’un an. Ma première réaction fut alors de penser que la maison était plus une rente de situation pour quelques pauvres bougres qu’une structure sociale à disposition des sans abris. A cette époque, le mot d’ordre pour rester dans la maison était « se faire du bien ». La plupart arrivant de situations difficiles, le Point-Virgule était l’occasion de poser armes et bagages, de souffler un peu et trouver quelques repères. Mais personne ne saurait préjuger du temps qu’il faut pour cela.

 

Aussi me suis je rapidement demandé comment bousculer les inerties tout en construisant la relation de confiance indispensable à la commodité de mon rôle. Evidemment je n’ai pu éviter de me confronter à toutes sortes de résistances, surtout dans le cadre des dynamiques de groupe où je développai un discours stigmatisant certaines attitudes telles que rester toute la journée devant la télévision ou garder ses volets fermés.

 

La classification de Paugam

Pour certains, la vie communautaire dans ses restrictions et ses contraintes peut déjà être une excellente raison de se mobiliser pour chercher une meilleure solution. Pour d’autres, au contraire, c’est la peur de l’isolement qui les conduit à développer des stratégies de précarité appelant une intervention sociale. Il est opportun de savoir distinguer dans le parcours de chacun le contexte, même schématique, qui contribuera à élaborer un projet.

A cet égard, les 6 catégories proposées par le sociologue Serge Paugam coïncident étonnament avec les profils des personnes présentées plus haut :

Antoine et Etienne représentent des personnes fragiles, pour le premier intériorisé et pour le second stabilisé voir négocié. Ainsi Antoine devra avant tout reprendre confiance en lui pour envisager repartir d’un nouveau pied, tandis qu’Etienne consolide petit à petit une situation qui lui convient de mieux en mieux.

Benoît est un cas d’assisté différé, du moins aussi longtemps qu’il n’aura pas résolu son problème de dépendance.

Charly est l’exemple type de l’assisté installé. Dans la maison, c’est lui qui a le mieux investi les divers emplacements comme le balcon sur lequel il a organisé son atelier, ou encore le jardin et l’étang dont il assure l’entretien. Selon son état de santé, selon les ressources (AI, héritage, opportunités,… qu’il obtiendra, il aimerait sans doute retourner vivre en Thaïlande. A cet effet, le Tsunami de décembre 2004 semble avoir réveillé en lui de nouvelles énergies.

Didier, lui, serait plutôt un assisté revendiqué. Non pas qu’il monte au créneau pour réclamer ses droits, mais simplement parce que son statut d’invalide et depuis peu de retraité, lui permet de croire que sa prise en charge va de soi. En tout cas son problème n’est plus vraiment d’ordre économique.

A tout point de vue, François est un marginal. Marginal contestataire même, que ce soit par son éthylisme avancé, son statut de franco-suisse sans papier, ou encore son caractère singulier, cultivant le paradoxe d’une grande sociabilité combinée au refus de se conformer aux règles élémentaires de la vie en société. Une personnalité comme François nécessite un encadrement plus soutenu. Ce qui sera envisageable une fois sa situation administrative réglée en vue d’une prise en charge. 

Gérard aussi est un marginal. Mais derrière son personnage complexé se cachent les qualités d’un précurseur. Les valeurs qu’aujourd’hui il affiche avec conviction sont peut-être celles qui demain inspireront la transition d’une société de plein emploi vers une société de pleine activité, fondée sur de nouvelles formes de travail, d’insertion et de rémunération. En outre, Gérard ne fait pas grand cas des frontières, préfigurant là aussi la nécessité d’un système supra-national.

Pourtant Gérard voudrait simplement se trouver une place de commis dans une ferme. Il travaillerait du matin au soir, en échange d’un bon repas.

Quant à Henri, c’est un marginal contraint, mis au ban de la société par des définitions arbitraires et une réglementation sans appel. Dans son cas, la société n’a pas d’autre solution, pour soigner son exclusion, que l’expulsion. Voilà ce qui s'appelle une rime riche.

 Vers une Allocation Universelle ?

Peut-on résumer la situation en quelques mots :

progrès –> mondialisation –> concurrence –> productivité –> flexibilité –> précarisation –> exclusion --> …

Comme l’explique l’économiste américain Jeremy Rifkin dans son best-seller  Une société sans travail, si jusqu’au siècle dernier les gains de productivité ont été régulièrement compensés par des transferts massifs de main d’œuvre vers les nouveaux secteurs d’activité, aujourd’hui ce processus arrive en fin de cycle et nous prenons le chemin d’une diminution inéluctable du nombre d’emplois. Tôt ou tard, il faudra bien redessiner les mécanismes économiques qui permettront à notre société de fonctionner selon un système visant au bien être du plus grand nombre. Un système démocratique.

 

Il est intéressant de comparer les essais des économistes Philippe Van Parijs et Denis Clerc, respectivement pour et contre l’idée d’une allocation universelle. Le premier fait de puissantes conjectures sur les modalités et les coûts de différents modèles, pour conclure à une proposition d’allocation sans condition de ressources ni de travail, dont le principal mérite est de simplifier au maximum la fonction administrative et le contrôle par l’Etat.

Le second, Président de l’association Economie et humanisme, s’inquiète du risque de faire de l’anti Robin des Bois, prenant aux pauvres pour redonner aux riches. Comme toujours, on assiste à la confrontation des idéologies, droite contre gauche, économie contre social.

Sans vouloir intervenir dans ce débat qui ne date pas de hier, il me semble judicieux d’explorer d’abord toutes les pistes qui inciteraient les employeurs à favoriser la main d’œuvre avant le bénéfice.

 

Capital humain et capitaux financiers sont les deux pendants d’une même notion : le Pouvoir. La quête de pouvoir est sans doute un particularisme intrinsèque de l’homme, mais selon les valeurs célébrées par la société, ce pouvoir a vocation à rassembler ou au contraire à diviser.

 

Un monde plus juste

Pendant la guerre froide et encore aujourd’hui, dans le conflit au Moyen-Orient, le tout venant croit à tort que l’on assiste à la confrontation de deux cultures opposées : Est contre Ouest ou Palestine contre Israël. En réalité, l’affrontement le plus irréductible réside à l’intérieur des deux camps.

Les tenants de la Paix contre les tenants de la Guerre. Les modérés contre les extrémistes.

Elargie à la dimension universelle, cette dichotomie se retrouve dans le masculin et le féminin que l’on associe respectivement à l’instinct de conquête ou de protection. Pourtant la vie naît de la rencontre entre ces deux genres. Aussi ne semble-t-il pas naturel que c’est en redonnant sa place aux valeurs du féminin qu’on favorisera une société mieux équilibrée ?


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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